Rencontre avec FABIEN | Le Baigneur

 

Atelier : Le Baigneur
Création : 2011
Produits : soins naturels (savons, huiles, rasage)

Quelle rencontre ! Avant d’interviewer Fabien, je me suis imaginée un homme timide qui exprimait son histoire et ses émotions à travers son univers des cosmétiques naturels pour homme.

Quelle ne fût pas ma surprise de découvrir un artisan, engagé et actif, qui veut faire bouger les lignes de notre société, mais discrètement, sans être donneur de leçon, et en toute humilité.

Fabien, à travers son atelier de savons et d’huiles, défend des valeurs fortes qui l’anime profondément : circuit court, lutte contre le gaspillage et le sur-emballage, revalorisation des métiers manuels à travers l’éducation, préservation de l’environnement, combat contre le « bullshit marketing », non-genre.

Belle découverte !

Histoire d'un esprit libre et avant-garde

L’indépendance. C’est elle qui happe Fabien et qui l’entraîne sur les terrains de l’artisanat indépendant après quelques années au sein d’entreprises de plus grandes tailles. Déjà convaincu de l’importance du développement durable, Fabien questionne très tôt sa consommation. Il se lance au début des années 2000 dans le DIY (do it yourself) et découvre le monde des cosmétiques bio.

Il fait alors le choix de se dédier à simplifier la composition des produits de beauté et d’hygiène qui habillent nos salles de bain. Il lance Le Baigneur, une marque de cosmétiques bio et naturels pour homme. En 2010-2011, lorsqu’il se lance, peu de marques cosmétiques se revendiquent bio et made in France avec des listes d’ingrédients courtes et lisibles, et encore moins de marques sont dédiés aux hommes.

Recherchant à aligner son projet à son mode de vie et ses convictions, plutôt qu’à fabriquer et vendre « ce qui fonctionne bien », Fabien ancre dès le début son projet Le Baigneur dans le local, le zéro plastique et le retour aux sources, en promouvant un produit simple, naturellement écologique et qui s’adresse à tous : le savon à froid.

NB : dans l'optique de rendre le savon accessible au plus grand nombre, Fabien donne ses chutes de savon issues de la production à la Mairie du 11e arrondissement de Paris qui les distribue aux plus démunis.

C’est ainsi que nait Le Baigneur. Le Baigneur. Un nom qui fait écho à l’univers marin duquel il vient (il est né à Calais!), qui évoque aussi l’élan artistique des impressionnistes et les oeuvres de Picasso, et fait le trait d’union entre un côté rétro et résolument moderne. Un concept très bien pensé qui se développe autour d’une gamme de cosmétiques, pour homme hier, et pour tous demain.

Ce qui l’anime ? Imaginer ce qui pourrait vous plaire. Mettre les mains dans la matière, et se sentir libre d’exprimer sa créativité. Répéter les gestes, faire jouer les mains, et libérer l’esprit. Mais aussi se défier en s’amusant pour fabriquer un volume suffisant de pépites sur des temps limités pour satisfaire tout ses clients. Un métier complet qui jongle donc entre art, artisanat, et performance. 

Engagement pour le local et le fait main 

« On a tous des contradictions mais il faut mettre en place des process clean pour faire avancer les choses »

Dès l’amorçage, Fabien soigne la sélection des matières naturelles qui composeront ses produits. Depuis le début, il travaille avec les mêmes fournisseurs qu’ils affectionnent pour leur fiabilité, la qualité et la rareté des matières. Pour lui, pas de doute, le made in France (et a minima le Made in Europe) ne sont plus des alternatives mais des prérequis. Quand on voit que beurre de cacao, huile de jojoba et huile de coco peuvent se retrouver bloqués dans le Canal de Suez (cf Mars 2021), on prend conscience qu’il faut absolument reformuler pour produire local.

Une philosophie où l’artisan sélectionne ses ingrédients avec minutie, sans entrer nécessairement dans la course des labels. « Bio ne veut rien dire » nous rappelle Fabien. Et nous sommes tout à fait d’accord !

En discutant avec Fabien, on découvre enfin le projet qui l’anime aux tripes. L’éducation.

Grâce à elle, les portes des métiers manuels pourraient être ouvertes à un plus grand nombre de jeunes. Les métiers de la main pourraient être revalorisés en s’inscrivant dans les cursus de formation dès le plus jeune âge.  

Convaincu que la formation de base des métiers manuels (telle qu’il l’a lui-même connu) devrait être réinventée avec moins de silos et plus de mélange des disciplines, Fabien bouillonne d’idées pour (re)donner ses lettres de noblesse à ce qui se fait main à travers l’éducation. Et pourquoi pas imaginer une école de formation Le Baigneur ?

 

Retrouvez ci-dessous le moment préféré de Fabien dans la fabrication de ses savons, que l'on vous invite à découvrir :

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